Maman

d’Alexandra Leclère, 2011, ***

Depuis leur plus tendre enfance, Sandrine et Alice n’ont été que far­deau pour leur mère. En tout cas, c’est ce qu’elle leur a fait sen­tir. Sans sur­prise, celles-ci sont donc pro­fon­dé­ment névro­sées : l’une, inca­pable d’ai­mer ou de faire confiance, n’a que des aven­tures sans len­de­main et ne sup­porte réel­le­ment que ses deux fils ; l’autre, cher­chant déses­pé­ré­ment une trace de ten­dresse, passe sa vie à essayer de faire plai­sir à tout le monde. Un tank et une cruche, filles d’une garce qu’elles n’ont pas vue depuis vingt ans.

Quand celle-ci re-débarque dans leurs vies, se remet à les insul­ter et à leur repro­cher leur exis­tence, les deux filles pètent un plomb. Elle enferment la vieille dans une mai­son de cam­pagne, la met­tant au défi de leur dire une fois une chose gentille.

Alors y’a un truc magni­fique dans Maman : les actrices. Balasko, Seigner, Foïs, cha­cune dans un rôle qu’elle maî­trise bien il faut le recon­naître, mais aus­si cha­cune par­fois à contre-emploi — et quand Alice cesse d’être gen­tille, Marina est vrai­ment flippante.

Y’a un autre truc très bien : les dia­logues et les situa­tions. L’enchaînement de la folie des trois tarées est à la fois hila­rant, effrayant, par­fois émou­vant et sou­vent surprenant.

Y’a aus­si deux fai­blesses. D’abord, une réa­li­sa­tion inégale, sou­vent un peu molle et sans panache. Ensuite et sur­tout, une trame glo­bale très pré­vi­sible pas­sée la moi­tié du film, une fois tout en place, où tout converge vers un final gen­ti­ment gui­mau­vi­neux, bien moins réjouis­sant que l’heure et demie de vache­ries précédente.

Enfin bon, y’a bien pire et y’a des moments où on se marre bien.