Dos au mur

de Asger Leth, 2011, ****

Inutile d’essayer de réinventer le polar : tout a déjà été fait. Alors, autant faire de bons polars, quitte à ce qu’ils soient classiques.

C’est ce qu’a dû se dire Asger Leth, pour son premier long-métrage américain (et le premier à sortir du Danemark, a priori). Du coup, son Dos au mur peut paraître très familier : il reprend le principe du Kansas city shuffle — « when everybody looks right, you go left », cf. Slevin —, avec un soi-disant suicidaire qui attire l’attention sur lui pendant que… pendant que quoi au fait ?

On retrouve aussi des gros bouts de Négociateur, un mélange des Spécialistes et de Haute voltige pour l’équipe B, un peu d’Inside man peut-être… et une foule qui n’est pas sans rappeler par moments celle des Charognards de Renaud.

Bref, Dos au mur n’est pas le film le plus original de l’année. Pis, il sera inévitablement daté dans très peu de temps, tant il est lié à la situation économique de ces trois dernières années. Mais il est bien ficelé, parfaitement rythmé, bien joué (Worthington, pourtant, j’ai pas l’habitude d’en dire du bien), et y’a Ed Harris en méchant et j’adore Ed Harris en méchant.

Donc, ça remplit totalement le contrat, voire un poil plus.