The innøcents

de Hania Elkington et Simon Duric, 2018, **

C’est l’his­toire de June et Harry, deux ados qui fuguent. Ils se font pour­suivre par un Norvégien flip­pant, et quand il attrape June, il tombe dans le coma… et elle prend sa forme. Quelques heures plus tard, elle rede­vient June, et il se réveille.

C’est l’his­toire du Dr Halvorson, un psy­chiatre qui veut aider un lot de femmes capables de chan­ger de forme à contrô­ler leur pou­voir. Il les planque au fond d’un fjord et ça res­semble sévè­re­ment à une secte.

Fugue de June et Harry
Ton beau-père est con, ma mère est flic, on a autre chose à faire que de s’oc­cu­per de ton frère et de mon père… Allons décou­vrir la route, squat­ter des cana­pés et tes­ter des drogues ! — pho­to Netflix

À mon avis, il faut pré­sen­ter ça comme ça. Parce que ces deux his­toires, qui se croisent et se rejoignent peu à peu, sont trai­tées de manière très dif­fé­rente.

La fugue des ados, leurs expé­riences, les gens qu’ils ren­contrent, les parents qui essaient de les retrou­ver et les Norvégiens qui les pour­suivent, tout cela est nar­ré sur un rythme enle­vé, avec des dia­logues natu­rels bien ser­vis et une dose d’hu­mour sym­pa­thique. L’aspect fan­tas­tique est bien trai­té, dévoi­lé peu à peu, avec des enjeux divers au fil des épi­sodes.

La secte psy­chia­trique, les trai­te­ments, l’his­toire du doc­teur et de sa pre­mière patiente, sont au contraire très figés, ampou­lés et mélo­dra­ma­tiques, et peu aidés par une direc­tion d’ac­teurs très théâ­trale. Ça tourne en rond et chaque effet est tout sim­ple­ment sur­ven­du.

Et natu­rel­le­ment, quand les deux axes se rap­prochent, le mélo sur­sym­bo­lique prend le pas sur la tra­gi­co­mé­die ryth­mée.

Deux patientes du Dr Halvorson
Je sais que c’est dif­fi­cile d’a­ban­don­ner sa vie, et le trai­te­ment est dur et dou­lou­reux, mais nous devons faire confiance au bon doc­teur… — pho­to Netflix

C’est dom­mage : l’i­dée de départ est bonne (mal­gré quelques pré­sup­po­sés che­lous, notam­ment les rôles des parents), mais le trai­te­ment exa­gé­ré de la par­tie cham­pêtre et du finale nuit sérieu­se­ment à l’in­té­rêt de l’en­semble.