The IT crowd

de Graham Linehan, depuis 2006, **

Jen a men­ti sur son CV, pré­ten­dant être experte en infor­ma­tique alors qu’elle ne sait même pas ce que veut dire « IT ». Mais l’employeur étant encore plus ignare, il l’embauche comme res­pon­sable du dépar­te­ment infor­ma­tique, et elle va devoir trou­ver une place au milieu de Roy, geek modèle stan­dard, et Moss, brillant semi-autiste au fonc­tion­ne­ment qua­si robo­tique.

Le concept n’est pas mau­vais. Les per­son­nages sont cari­ca­tu­raux, mais pas for­cé­ment inin­té­res­sants, et il y a matière à quan­ti­té de gags amu­sants. Le pro­blème, c’est que le scé­na­riste ne les trouve pas tou­jours, et que lorsqu’il les trouve il les amène mal.

Du coup, d’une bonne idée, on se retrouve avec une série assez molle, ter­ri­ble­ment cari­ca­tu­rale — c’est Anglais et on y retrouve l’esprit des pires moments des Monty Python —, répé­ti­tive et sou­vent assez ennuyeuse.

Quand je pense que cer­tains com­parent ça à The Big Bang theo­ry, série geek amé­ri­caine… Non, rien à voir, à part l’arrivée d’une femme dans un uni­vers de geeks : celle-ci est sou­vent drôle, variée, par­fois fine, les per­son­nages y évo­luent réel­le­ment d’un épi­sode à l’autre, et geeks et blonde ont des inci­dences les uns sur les autres. Dans The IT crowd, tout est figé, et si Jen se retrouve phy­si­que­ment au dépar­te­ment infor­ma­tique, elle ne semble avoir aucune influence sur la vie des infor­ma­ti­ciens et n’est pas non plus tou­chée par leur uni­vers.

Bon, il y a quand même un truc bien trou­vé : le dépan­neur infor­ma­tique qui, lorsque le télé­phone sonne, dit « avez-vous essayé de l’éteindre et de le ral­lu­mer ?» avant même que son inter­lo­cu­teur ait pu expli­quer son pro­blème — avec varia­tions, comme lorsqu’il règle le répon­deur pour dire la même chose… Ça fait un gag récur­rent qui marche, mais ça ne suf­fit pas pour faire vingt-quatre épi­sodes de vingt minutes.