Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec

de Luc Besson, 2009, ***

Je crois avoir lu toute la série des Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, écrites et dessinées par Tardi. Mais… c’était il y a longtemps : la dernière fois où j’en ai ouvert un, j’étais au lycée. Donc, tout ça est très flou et, si je retenais quelques personnages et quelques trames d’histoires, je n’avais pas vraiment d’idée préconçue sur ce que devait être un film adapté de cette œuvre.

Premier bon point quand même : Luc a eu l’intelligence de ne pas vouloir tout mettre dans un seul volume. En gros, le présent film s’inspire de Adèle et la bête, Le savant fou et Momies en folie, qu’il relie par un postulat assez étranger au monde tardien : la sœur d’Adèle, pétrifiée suite à un accident, et que celle-ci veut sauver avec l’aide d’un scientifique étudiant la résurrection.

J’ai également bien retrouvé l’ambiance adélienne, mélange de glauque, de pesant, d’humour d’une acidité à faire passer le Coca-Cola pour un liquide neutre, de charme désuet, d’hommage aux romans-feuilletons les plus improbables, de fantastique débridé… Idem pour le caractère d’Adèle, personnage le plus viril de l’œuvre tardienne, qui fume, boit et jure, exige sans hésiter et n’accepte que rarement la réplique. Bref, elle est antipathique et seul son charme permet à certains de l’ignorer.

Le scénario est un peu bordélique, ce qui n’est pas étonnant vue la source d’inspiration, mais pourrait gêner certains spectateurs — comme les bandes dessinées d’origine, le film plaira sans doute plus aux habitués des romans d’aventures qu’aux fans de Transformers. Les acteurs sont très bien, mais on n’est pas à l’abri d’une petite crise de cabotinage chez certains d’entre eux. La réalisation ne mérite ni éloge ni critique particuliers.

Restent une ambiance réussie, un délire sympa, un film sans ennui et globalement réussi