Sherlock Holmes

de Guy Ritchie, 2008, ***

Vous connais­sez Sherlock Holmes ? Oui, le maître ès déduc­tion logique né dans le cer­veau déran­gé d’Arthur Conan Doyle, dont les aven­tures ont fait l’ob­jet de plé­thores d’a­dap­ta­tions ciné­ma­to­gra­phiques et d’au moins une série télé­vi­sée…

Toutes les adap­ta­tions que j’ai pu voir, à la notable excep­tion du Secret de la pyra­mide de Barry Levinson, se sont foca­li­sées sur l’as­pect intel­lec­tuel et déduc­tif de Sherlock Holmes. Certaines ont pous­sé le trait jus­qu’à lui don­ner l’ap­pa­rence d’un vieillard fati­gué, brillant et soi­gné mais ne se dépla­çant qu’au pas. C’est oublier que le Holmes de Doyle était aus­si ath­lé­tique qu’in­tel­li­gent, pra­ti­quant la boxe autant que le vio­lon, et ne cra­chait pas sur un verre plus qu’oc­ca­sion­nel — la rumeur pré­tend que Doyle n’ai­mait pas Holmes, dont le suc­cès le contrai­gnait à remettre d’autres pro­jets, et n’hé­si­tait donc pas à lui prê­ter des traits déplai­sants.

Guy Ritchie, auteur du fort déjan­té Rock’n’rolla et dont je ne connais rien d’autre, a déci­dé de rendre au phy­sique et aux mœurs hol­mé­siens leurs lettres de noblesse. Problème, il a peut-être été un peu loin dans ce sens. Si le choix de Robert Downey Jr allait de soi et s’a­vère un suc­cès — sans grande sur­prise : il a déjà joué des espèces de dan­dys pas­sion­nés et égo­cen­triques par le pas­sé —, la sur­en­chère de scènes d’ac­tion se fait sou­vent au détri­ment de l’in­trigue, qui se révèle un peu brouillonne et non exempte de lon­gueurs.

Dans l’en­semble, ça reste dis­trayant, mais un peu trop pré­vi­sible et assez per­fec­tible.