Démineurs

de Kathryn Bigelow, 2009, ***

Pour une bombe qui explose, combien sont désamorcées ? En tout cas, c’est le quotidien d’un trio de démineurs de l’armée américaine, envoyés en Irak pour empêcher les « terroristes » ou « résistants » locaux — choisissez le vocabulaire selon votre humeur du jour, ce n’est pas le sujet du film — de faire exploser les rues. Dans un pays toujours en guerre où nul ne sait qui va leur tirer dessus, James enfile régulièrement une veste blindée pour aller séparer détonateurs et explosifs, pendant qu’Elridge et Sanborn assurent la couverture et tentent de détecter les éventuels poseurs de bombe avant qu’ils ne déclenchent la détonation.

La réalisatrice avait clairement la volonté de faire réel. Du coup, si l’idée de fouiller à la main dans les viscères encore chauds d’un adolescent pour désamorcer le C4 dont il est truffé vous perturbe, mieux vaut passer votre chemin.

Si vous avez le cœur suffisamment bien accroché, vous pourrez apprécier cette approche quasi-documentaire, certes un peu romancée (et très américaine dans le fond romancé), qui vous fera suivre quelques déminages, une interminable attente de tireur d’élite improvisé et une absurde traque nocturne qui ne sera pas sans rappeler la scène du barrage de Apocalypse now.

Pas un très grand film, ni même un très grand film de guerre, mais deux heures bien tournées, correctement documentées et qui évitent parfois la caricature, donc un film à voir pour les amateurs.