Whatever works

de Woody Allen, 2009, ****

Un type intelligent, désabusé, cynique, misanthrope et caractériel se surprend à se prendre d’affection pour une minette écervelée et enthousiaste qui a débarqué dans sa vie par hasard¹. Problème : elle a une mère, folle de bénitier qui va vivre une étonnante libération quarante ans après celle des gens normaux, un père, fou de bénitier qui va…

Woody est souvent inconstant. Capable de coups de génie absolus comme de trucs qui tournent en rond en dialogues — ou en monologues simultanés, d’ailleurs — interminables. Cette fois, c’est du très grand Woody. Bien sûr, il y a ce côté comédie romantique qui finira forcément bien et qui peut être énervant. Mais pour le reste, le film est une réussite : des personnages bien choisis, juste assez caricaturaux pour bien passer, des clichés judicieusement soulignés pour éviter qu’on les remarque (paradoxal ? Oui, mais tant que ça marche…), un réalisateur qui se fait oublier, des dialogues délectables, des acteurs qui portent le film à la perfection (j’avais plus vraiment vu Evan Rachel Wood depuis Thirteen, je connaissais pas Larry David, dans les deux cas je me suis pris une belle claque), et une morale en béton — on peut faire ce qu’on veut, chercher à avancer ou pas, chercher la femme parfaite ou pas, au final, on fait comme tout le monde : tant que ça marche…

Bref, j’ai aimé.

¹ Jusque là, je suis très flatté que Woody Allen ait fait un film sur moi. >_<