Le hérisson

de Mona Achache, 2009, ****

Paloma a onze ans. Elle est intel­li­gente, lucide et, comme tous les gens lucides, sui­ci­daire — pas dépres­sive, non : le sui­cide est une déci­sion réflé­chie et cal­cu­lée visant à évi­ter de finir au fond du bocal. Sa famille est l’archétype de la famille bour­geoise, sa concierge est l’archétype de la bignolle aca­riâtre. Cependant, celle-ci a pour jar­din secret une pas­sion pour la lit­té­ra­ture et notam­ment Anna Karenine, qui va la rap­pro­cher du curieux Kakuro Ozu, un veuf japo­nais élé­gant et culti­vé.

Jusque là, on est dans Le fabu­leux des­tin d’Amélie Poulain, dont vous connais­sez sans doute le petit pro­blème de nota­tion qu’il me pose. Et j’espère de tout cœur que ce Hérisson ne me pose­ra pas le même pro­blème, parce qu’à pre­mière vue, j’ai vrai­ment été séduit. Parfois cynique, sou­vent tendre, tou­jours élé­gant, le film pro­gresse entre dia­logues soi­gnés, comé­diens irré­pro­chables et réa­li­sa­tion ayant le bon goût de ne pas se faire remar­quer. Et comme il évite soi­gneu­se­ment, tout en le retour­nant habi­le­ment, l’écueil du hap­py end débile à la Jean-Pierre Jeunet, je ne vois pas de rai­son de ne pas mar­cher la pro­chaine fois.

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