Iron man

de Jon Favreau, 2008, *

La semaine passée, quasiment dès mon arrivée à Paname, je me suis payé deux abonnements :

— une carte de piscine ;

— une carte UGC/MK2.

Pour ceux qui connaissent pas, la seconde permet d’aller au cinéma dans les salles partenaires autant qu’on veut, sans débourser un centime. Enfin, faut juste acheter l’abonnement, quoi. Ça coûte le prix de trois entrées, donc à une séance par semaine, c’est amorti, et j’ai tendance à faire plus d’une séance par semaine…

Grâce à Iron man, j’ai découvert le deuxième avantage de la carte UGC/MK2 : à la sortie d’un nanard, ne pas regretter ses 8 euros. Parce que franchement, avec tout le respect que j’ai pour Robert Downey Junior et Gwyneth Paltrow, ça m’aurait fait mal au cul de payer pour voir ça.

Le pire, c’est que ça n’arrive même pas à être hilarant comme a pu l’être le magnifique Godsend, expérience interdite. Iron man ressemble à une parodie sérieuse, vous savez : je tente de faire un grand film en reprenant le pire des douze œuvres emblématiques d’un genre particulier.

Donc, on a Tony, sale con arrogant (Bob Jr fait très bien les sales cons arrogants, donc on a vraiment envie de le buter d’entrée) doublé d’un honnête inventeur et marchand d’armes. Tony va sur le terrain en Afghanistan vanter les mérites de son chef-d’œuvre, un missile à sous-munitions baptisé Jericho (déjà, un chef d’entreprise sur le terrain, on voit la crédibilité du truc). Mais là, petit soucis, il se fait prendre en otage par un groupe terroriste déjà tout équipé par ses usines qui veut s’offrir le Jericho. Il fait semblant d’obéir mais, en fait, travaille pour se sortir de se pétrin (toute ressemblance avec Le secret de l’espadon, d’Edgar Jacobs, est fortuite) en créant une armure-exosquelette super performante, à partir de la pile du pacemaker qu’un gentil chirurgien afghan lui a posé dans sa grotte (oui, crédibilité toujours).

Le gentil chirurgien afghan meurt, Tony s’évade, mais pendant sa captivité, il a pris conscience que c’est mal de faire des armes et annonce son intention de démanteler son usine. Curieusement, le traitement de cette scène est tel qu’on n’en a absolument rien à foutre, alors que franchement, imaginez que Serge Dassault vienne nous annoncer qu’il a eu l’illumination et qu’il ne construira plus de machines à tuer, on serait tous morts de rire. Du coup, Tony construit en secret une armure encore plus mieux et se fait un pacemaker encore plus mieux et décide d’aller sauver la planète, enfin, un patelin afghan et un pilote de F-22 pour commencer. Pendant ce temps, bien sûr, un méchant récupère la première armure et s’apprête à devenir le Méchant du film, et bien entendu, c’est un ami indéfectible de Tony…

Le principal avantage d’Iron man, c’est que contrairement à Superman, ça ne dure pas trois heures. Du coup, on s’ennuie moins. Il y a peut-être aussi que Bob est quand même un acteur d’une autre classe que Chris, que la photo est plutôt réussie, et qu’il y a tout de même un ou deux dialogues qui fonctionnent de temps en temps (hélas, c’est pas ironique comme quand je dis ça d’American beauty : là, c’est vraiment juste de temps en temps). Bref, Iron man ne vaut pas absolument rien, ce n’est pas exactement une sous-daube finie.

Mais faudra quand même avoir bu un verre ou deux pour l’apprécier à sa juste valeur.