Honkytonk man

de Clint Eastwood, ****

Dans la grande dépression des années 30, Red, un musicien country qui passe de bistrot en balloche, reçoit une invitation à auditionner pour une grande salle de Nashville — la ville centrale de la country et de la western, bande d’ignares !

Malade, alcoolique, il part dans sa vieille Jaguar fatiguée, flanqué de son neveu Whit, adolescent, et du père de son beau-frère, qui veut revoir son Tennessee natal (dont il était arrivé sur une mule en septembre 1893). Avec à peine de quoi payer l’essence jusqu’à mi-chemin, où il espère bien retrouver un producteur qui lui avait signé un chèque en bois pour gratter les cent dollars qui les mèneront à destination.

En fait de remboursement à l’amiable, ce sera une tentative d’arnaque qui poussera Red et Whit à récupérer leur dû à la pointe d’un fusil… déchargé. (C’est pas l’inspecteur Harry, tout de même !)

Fuyant dans la foulée vers le Tennessee promis, ils embarquent une serveuse et reprennent la route…

Un road-movie assez classique dans sa forme, qui montre que Clint savait déjà se faire oublier en tant que réalisateur pour mieux servir son propos. Une bande-son remarquable, avec quelques musiciens plus ou moins connus qui passent discrètement apporter leur voix (comme c’était arrivé dans les Doux, dur et dingue et Ça va cogner), le tout se savoure avec bonheur et, toujours avec une légèreté de bon aloi, pose quelques questions sur le sens de la vie (en particulier de celle des musiciens de bars)…

Très bon moment assuré.