V pour vendetta

de James McTeigue, 2005, ****

Trois jours après, le choc pas­sé… Il est temps.

C’est la pre­mière fois depuis Spider-man que je vois l’adaptation sans connaître un mini­mum la BD d’où elle est tirée. Donc, je pars d’une feuille blanche…

Et elle se noir­cit vite, cette feuille. Un tableau sombre, légè­re­ment angois­sant, qui rap­pelle en vrac Fahrenheit 451, 1984, ou encore The wall d’Alan Parker. Il ne faut pas long­temps pour com­prendre dans quel uni­vers l’on est ; les réfé­rences sont nom­breuses à toutes les dic­ta­tures du monde.

Et là, arrive Evey Hammond. Citoyenne exem­plaire, dis­crète ; mais il ne suf­fit pas d’être une citoyenne modèle pour ne pas avoir affaire à la police, dans un état où règne l’arbitraire. Et c’est là qu’intervient V, per­son­nage légè­re­ment déjan­té, déma­gogue et pré­ten­tieux qui se pré­sente d’une inter­mi­nable alli­té­ra­tion. V, dont on appren­dra l’histoire peu à peu et sans en révé­ler toutes les zones d’ombres, qui n’hésitera pas à tor­tu­rer Evey pour mieux la libé­rer. V, qui crie au peuple bri­tan­nique : « Remember the fifth of November !», et qui mélange allè­gre­ment libé­rer un peuple et accom­plir sa petite ven­det­ta per­son­nelle. Grandiose et mes­quin, jusqu’au bout.

A par­tir de là, l’histoire (l’Histoire ?) est en marche. Ne gâchons pas les sur­prises à ceux qui décou­vri­ront le film. Disons juste que la pein­ture d’une socié­té tota­li­taire est la meilleure qu’Hollywood nous ait don­née depuis long­temps. Disons juste que, au-delà du dis­cours presque sim­pliste sur l’insurrection « plus sacré des droits et plus indis­pen­sable des devoirs », on nous ren­ver­ra à notre propre socié­té, à nous qui vou­lons la sécu­ri­té abso­lue même au prix de notre liber­té la plus élé­men­taire, et au rôle de nos médias qui se repaissent de la peur qu’ils nour­rissent.

Et on s’émerveillera de revoir Natalie Portman, qui s’est enfin sou­ve­nue qu’elle pou­vait être une actrice remar­quable.

Nous avons là un très grand film d’anticipation noire. Ne le ratez pas.

(Note pour Allocine.fr : ) Mort à la limi­ta­tion à 2000 carac­tères, ki favo­riz lékri­tur sms.