Thunder in Paradise (première demi-heure)

bouillon impro­bable de Michael Berk, Douglas Schwartz et Gregory Bonann, 1993–1994

Le saviez-vous ? Au début des années 90, Hulk Hogan a ima­gi­né faire une car­rière d’ac­teur. Après quelques rôles dans des films mineurs, il a copro­duit sa propre série télé, où il inter­prète un ancien SEAL qui affronte les méchants avec son meilleur pote bri­co­leur et son bateau bour­ré d’armes et de tech­no­lo­gies nou­velles, le Thunder.

Avec une telle ori­gine, en géné­ral, on obtient une série très inégale, qui mélange de bonnes idées et des échecs cui­sants. Ce n’est pas le cas ici : Thunder in Paradise est d’une qua­li­té remar­qua­ble­ment constante.

Du moins, pour la demi-heure que j’en ai vue avant de jeter l’éponge.

Hulk Hogan, Chris Lemmon, Robin Weisman et un bout de Thunder
Fun fact : Robin Weisman, neuf ans, est de loin la meilleure actrice de tout le cas­ting sur la pre­mière demi-heure. — pho­to Trimark Pictures

Le scé­na­rio est infect, les dia­logues sont à chier, le mon­tage est pour­ri, la prise de vue est ger­bante, la prise de son est dégueu­lasse, le mixage est ignoble (notam­ment grâce à une musique d’ac­tion tota­le­ment naze), les acces­soires puent le car­ton-pâte à trois kilo­mètres, la direc­tion d’ac­teurs est aux fraises (bien aidée par un cas­ting incom­pé­tent et des per­son­nages incon­sis­tants), les effets spé­ciaux sont véro­lés, l’an­ti­com­mu­nisme est pri­maire, la pro­pa­gande est omni­pré­sente, le rythme est som­ni­fère, même la tra­duc­tion est nau­séa­bonde1. Bref, c’est immonde d’un bout à l’autre, quel que soit l’angle sous lequel on le prend.

Je dis sou­vent que les nanars, c’est ma grande pas­sion, mais là, je m’a­voue vain­cu. J’ai tenu une demi-heure, dont vingt-cinq minutes dans un état d’hé­bé­tude fas­ci­née, comme on regarde un énorme caram­bo­lage sur l’au­to­route sans arri­ver à décro­cher. Heureusement, j’ai fini par arri­ver à appuyer sur « stop ». Cinq minutes de plus et je devais me laver les yeux à la Javel pour m’en remettre.

  1. En « fran­çais », le titre est deve­nu… Caraïbes off­shore.[]