Nightcrawler¹

de Dan Gilroy, 2014, ***

Il a un côté fascinant, ce petit con cynique et manipulateur qui court d’accident en scène de crime, cherchant les images les plus choquantes possibles pour les vendre à la chaîne d’informations locale. La façon dont il retourne toujours la situation à son avantage est un peu capillotractée, de même que la crédulité de son entourage, mais curieusement ça marche — peut-être par la grâce désarmante de Jake Gyllenhaal, toujours aussi irréprochable.

Prenant également, la peinture d’un monde où l’information a largement laissé la place au racolage, où l’on cherche toujours le plus trash et où, pour attirer l’audience, on finit par manipuler non seulement l’auditoire, mais aussi la réalité elle-même.

Pourtant, j’ai pas totalement adhéré. En fait, aussi bien fichu que soit Nightcrawler, il n’arrive jamais à compenser la froideur de ses personnages ; c’est un bel objet, mais aussi totalement dépourvu d’émotion que son anti-héros, et on le regarde avec la même absence de (com)passion qu’il applique à ses sujets.

¹ Non seulement « Night call » n’est pas français, mais c’est complètement hors-sujet : c’est l’histoire d’un type qui rampe dans l’ombre, pas d’un coup de fil tardif ou de l’envie de traîner dehors après le crépuscule.