The hitman’s bodyguard¹

de Patrick Hughes, 2017, ****

Il y a des jours, dans la vie, où on n’a pas envie de se prendre la tête. Cependant, on n’a pas non plus envie de s’abrutir volon­tai­re­ment avec un Austin Powers ; du coup, on se met en quête d’une comé­die bien fice­lée, qui sait où elle va, por­tée par de bons acteurs et une réa­li­sa­tion effi­cace, éven­tuel­le­ment avec un peu de spec­tacle et juste ce qu’il faut de cabo­ti­nage. Oui, voi­là, on cherche L’arme fatale, Le grand blond avec une chaus­sure noire, S.O.S. fan­tômes, The expen­dables ou RED, par­fai­te­ment.

Voici donc une his­toire de garde du corps char­gé de pro­té­ger un tueur à gages, le temps que celui-ci arrive à La Haye pour témoi­gner devant la Cour pénale inter­na­tio­nale. Évidemment, ils ont un vieux conten­tieux, l’un ayant sou­vent pro­té­gé des cibles de l’autre — et l’autre ayant logi­que­ment sou­vent ten­té d’abattre les clients de l’un. Évidemment, ils ont plein de gens dan­ge­reux à leurs trousses et, évi­dem­ment, bons mots et mau­vais coups s’enchaînent à un rythme effré­né.

Et ben mon pote, nous voi­là pié­tons ! — pho­to Metropolitan FilmExport

L’opposition entre Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson fonc­tionne évi­dem­ment fort bien, sur­tout que le film renou­velle un peu le clas­sique duo emmerdeur/emmerdé : ici, cha­cun casse les pieds de l’autre et endosse tour à tour les deux fonc­tions. Les seconds rôles apportent un vrai plus : Gary Oldman est à son habi­tude exac­te­ment sur le fil du « trop » (dans un per­son­nage qu’il maî­trise il est vrai depuis long­temps), Salma Hayek dépous­sière son image en jouant une quin­qua­gé­naire explo­sive, tan­dis qu’Élodie Yung et Joaquim de Almeida portent effi­ca­ce­ment quoique sans flam­boyance une intrigue secon­daire au sein d’Interpol.

Tu n’écoutes pas Beethoven ? Je suis très désap­poin­té. Et non je joue pas tou­jours le même rôle. — pho­to Metropolitan FilmExport

De bons acteurs ser­vant un bon script, c’est la base. Côté tech­nique, tout le monde fait son taf, le mon­tage ner­veux assure deux heures de spec­tacle sans lan­gueur, même s’il est per­mis de regret­ter une réa­li­sa­tion sans éclat et des courses-pour­suites rela­ti­ve­ment ordi­naires.

Le résul­tat n’est pas un film bou­le­ver­sant qui mar­que­ra les annales du ciné­ma, mais c’est une comé­die d’action qui tourne par­fai­te­ment bien, joyeuse, ryth­mée et bien écrite, qui ne s’encombre pas de vrai­sem­blance mais fait pas­ser un très bon moment.

¹ Diffusé chez nous sous le titre « fran­çais » Hitman & body­guard, qui pour­rait plu­tôt lais­ser pen­ser à un per­son­nage menant une double car­rière genre Ray Donovan ou Nicky Larson