American sniper

de Clint Eastwood, 2014, ***

C’est l’histoire d’un type, patriote et bas de pla­fond, qui rentre dans la marine à vingt-cinq ans parce qu’il ne sait pas quoi faire d’autre, et qui devient l’un des tireurs d’élite les plus effi­caces de son temps. Bien sûr, comme c’est un film amé­ri­cain, on va le vieillir un peu et le faire entrer dans la marine par pas­sion, puis on va lui ajou­ter une Némésis sous la forme d’un sni­per syrien ser­vant en Irak, on fini­ra sur un close call spec­ta­cu­laire face aux élé­ments de la Nature elle-même, et sur­tout on va pas­ser beau­coup de temps à en rajou­ter des tonnes sur com­bien la guerre l’a trau­ma­ti­sé et com­ment, après quatre tours d’opérations, il n’est plus l’homme qui avait séduit sa femme.

Quand on lit les articles sur Chris Kyle, il semble bien que ce type n'ait pas d'existence réelle. Magie du cinéma… et des scénaristes américains nourris de clichés.
Quand on lit les articles sur Chris Kyle, il semble bien que ce type n’ait pas d’existence réelle. Magie du ciné­ma… et des scé­na­ristes amé­ri­cains nour­ris de cli­chés.

Du coup, American sni­per est un film deux-en-un : d’un côté, une par­tie tac­tique plu­tôt bien trai­tée, une acti­vi­té mili­taire assez réa­liste quoiqu’un peu roman­cée, un peu dans la veine d’un Démineurs ou d’un Du sang et des larmes ; de l’autre, des par­ties civiles, en par­ti­cu­lier les retours après les tours d’opérations, pleines de cli­chés, de bons sen­ti­ments et de lour­deurs déjà vues.

Reste tout de même un point qui ne souffre aucune cri­tique : Bradley Cooper nous four­nit ici une pres­ta­tion de très haut niveau, digne de tous les éloges. Mais pour le reste, toute la publi­ci­té autour de ce film fait sur­tout pen­ser à beau­coup de bruit pour pas grand-chose.

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