Cinquante nuances de Grey

de Sam Taylor-Johnson, 2015, *

Prenez n’importe quel roman à l’eau de rose genre Cendrillon moderne. Pour donner l’impression à la lectrice de Barbara Cartland de voir un truc osé, ajoutez une lichette des Cent mille verges, mais arrêtez-vous au premier chapitre pour pas trop la choquer quand même. Vous obtenez un beau galimatias bien sucré de gentillesses gnangnan, un film bien lourd qui ne décolle qu’à deux reprises (et encore n’est-ce que littéralement, dans un EC130 puis dans un DG-1000).

On ne peut pas dire que Cinquante nuances de Grey ne décolle jamais… mais la tentation est grande.
On ne peut pas dire que Cinquante nuances de Grey ne décolle jamais… mais la tentation est grande.

Au bout du compte, ce film que j’ai été voir juste pour m’en faire ma propre idée a été au delà de mes attentes : j’anticipais un truc mou et très, très loin d’être choquant, mais je n’imaginais pas à quel point il ne contiendrait pas un moment vaguement perturbant (ou vaguement excitant, d’ailleurs). Il y a bien plus de passages dérangeants dans cinq minutes de Nowhere boy (de la même réalisatrice, qui a changé de nom de famille entre temps) que dans tout Cinquante nuances de Grey.

Avec une critique aussi positive, vous vous demanderez peut-être pourquoi je ne mets pas tout simplement une bulle. La raison est simple : une cuisse de femme non épilée, dans un cinéma américain où une actrice n’a pas le droit d’avoir un poil de plus que le crâne de Bruce Willis, c’est suffisamment rare pour mériter une récompense.