Jeune & jolie

de François Ozon, 2013, **

La recette pour se faire encenser ? Prenez une actualité sordide (la prostitution chez les étudiantes), ajoutez une couche d’anti-conformisme (elle fait ça par distraction), placez le tout dans un environnement qui parlera à votre public (une famille bourgeoise parisienne), sélectionnez une actrice pas très connue (Marine Vacth), secouez bien, servez chaud. Si ça ressemble à Mon père ce hérosLa gifle ou même La boum, c’est normal.

Jeune & jolie est donc un énorme appeau à bobos parisiens et, si j’en juge par mes contacts Facebook, ça marche du feu de Dieu. Mais passée la façade intello et le vernis sulfureux, que reste-t-il ? Un film mou, qui se regarde le nombril, un personnage principal qui serait un peu L’étranger raconté par France Gall, des acteurs inégaux portant des dialogues très « écrits », et aussi quelques moments de grâce sublime et de vérité touchante.

Mais ces quelques moments ne sauvent pas le film, qui reste un objet profondément creux et bien trop pauvre en émotions pour vraiment séduire.