Arctic air

de Ian Weir, depuis 2012, ** (par gentillesse)

Yellowknife, territoires du nord-ouest. Zone chaude (température maximale moyenne en janvier à Yellowknife : -23 °C), peuplée (41 000 habitants sur 1,2 millions de km²) et accueillante (température maximale en hiver : -23 °C, on vous dit). Le moindre trajet fait quelques centaines de kilomètres, les routes sont rares et pas toujours déneigées, les motoneiges sont mal chauffées ; du coup, un certain nombre de tarés ont profité de la fin de la Seconde guerre mondiale pour acheter des avions aux surplus militaires. Soixante ans plus tard, ils n’ont rien trouvé pour les remplacer, les machins modernes étant lourds, incapables de se poser sur des pistes glacées d’un kilomètre et/ou extrêmement chers, et seuls quelques King Air et Beaver ont rejoint une flotte toujours articulée autour du DC-3.

C’est le cadre de Arctic air, série canadienne idéale à regarder les soirs de canicule et que tout amateur de vieux coucous est censé voir.

Le début de la première saison n’est pas inintéressant, reprenant les thèmes favoris du documentaire Ice pilots NWT : problèmes de fiabilité des avions, missions délicates pour atteindre des communautés paumées au fin fond du grand nord et desservies par des terrains très sommairement aménagés, etc. Du côté des personnages, c’est cousu de fil blanc, avec le vieux mécano bougon, le patron-dur-et-impitoyable-mais-fragile-et-humain-tout-au-fond, la fille de caractère qui saute le pilote beau gosse de service et l’ami d’enfance qui re-débarque après dix ans d’absence.

Et puis, les intrigues se développent… Enfin, disons plutôt qu’elles prennent de l’importance, les parties aériennes devenant de plus en plus secondaires. Elles sont pas mieux écrites pour autant et la pauvreté des scenarii devient de plus en plus visible, avec des rebondissement de plus en plus téléphonés. Certains acteurs sont passables, d’autres sont franchement mauvais et le personnage principal a tout le charisme d’un plat de poutine rassis. Heureusement, les réalisateurs renoncent rapidement à toute velléité de sérieux pour intégrer des éléments comiques un peu lourds, mais capables de faire sourire à peu près tout le monde (les aviateurs, eux, n’arrêtaient pas de se marrer depuis le tout premier épisode devant le manque de réalisme de certains passages).

Au bout de deux saisons, le bilan est un peu dur : les acteurs ont dû entrer parce qu’il y avait de la lumière, les scenaristes n’ont jamais mis les pieds dans un avion et repompent Amour, gloire et beauté et la réalisation est plate et prévisible. Oui, mais.

Mais y’a du Dakota et du Beaver dans leur jus, alors bon, ça se regarde quand même avec un certain plaisir.