21

de Robert Luketic, 2008, ***

Un étu­diant amé­ri­cain, comme beau­coup de ses col­lègues, tente de men­dier une bourse pour Harvard. Brillant, doté d’excellentes réfé­rences, il pré­sente un dos­sier en béton… Mais on lui demande plus : il lui faut éblouir le jury, en pré­sen­tant non seule­ment une sco­la­ri­té par­faite mais ce truc en plus, cette expé­rience de vie unique qui lui fera dépas­ser les simples ali­gne­ments de A et de 20/20. Il leur raconte alors sa ren­contre avec le pro­fes­seur Rosa, ce prof de mathé­ma­tiques qui lui a ensei­gné l’art du black jack — un jeu à peu près dépour­vu de hasard, pour qui peut comp­ter cor­rec­te­ment les cartes et cal­cu­ler quelques sta­tis­tiques en même temps.

Acteurs impec­cables (avec comme d’habitude une men­tion spé­ciale pour Kevin Spacey, tou­jours aus­si à l’aise dans les rôles ambi­gus au pos­sible), réa­li­sa­tion soi­gnée, on passe un vrai bon moment si ce n’était pour l’introduction du film (qui déflore un peu trop le sujet) et la musique omni­pré­sente et sou­vent mer­dique. L’histoire est super­be­ment menée et ren­voie direc­te­ment à un cer­tain poème de Rudyard : « if you can make one heap of all your win­nings and risk it on one turn of pitch-and-toss, and lose, and start again at your begin­nings and never breath a word about your loss…» Il n’est jamais cité dans le film, mais j’aurais du mal à les dis­so­cier.

In fine, le film est une réus­site, que même ce sata­né bruit que les Californiens appellent « musique » n’arrive pas à gâcher.

Au pas­sage, j’ai aus­si excep­tion­nel­le­ment lais­sé le titre ori­gi­nal (d’habitude, c’est plu­tôt le contraire : je dois être la seule per­sonne à avoir écrit le sous-titre fran­çais du der­nier Coen ou à pré­fé­rer dire « Le hui­tième pas­sa­ger » plu­tôt que le basique « Alien») : 21, c’est bien sûr le jeu, le fameux score à viser au black jack, mais c’est aus­si l’âge que le per­son­nage cen­tral fête au début du film… et ça a son impor­tance. Le titre fran­çais, Las Vegas 21, ren­voie direc­te­ment au jeu et sup­prime cette petite ambi­guï­té que je sup­pose vou­lue.

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